Proposer des livres aux bibliothèques : prix unique, rabais de 9 %, Dilicom et marchés publics
Comment les bibliothèques achètent leurs livres : prix unique, rabais limité à 9 %, rôle du libraire et de Dilicom, et comment leur recommander un éditeur.
Recommander des livres à une bibliothèque, c'est une mission à part : pas de négociation, pas de prix à discuter, mais un vrai savoir à transmettre sur des titres qui méritent d'être lus. Encore faut-il comprendre comment une bibliothèque achète. Voici l'essentiel.
Le prix unique du livre
En France, depuis la loi du 10 août 1981 (dite « loi Lang »), c'est l'éditeur qui fixe le prix public de chaque livre. Tous les vendeurs doivent le respecter, du grand site en ligne à la petite librairie de quartier. Ce principe protège la diversité des librairies et des maisons d'édition.
Pour les collectivités (bibliothèques, médiathèques, écoles pour leurs fonds documentaires), la loi autorise un rabais, mais elle le plafonne à 9 % du prix public. Ce plafond a été fixé en 2003, avec le droit de prêt en bibliothèque, pour éviter une guerre des prix qui aurait fragilisé les librairies.
Tu n'as jamais de remise à promettre ni de prix à négocier. Le prix est celui de l'éditeur, et les conditions sont celles du libraire, dans la limite légale. C'est confortable : la discussion porte uniquement sur les livres eux-mêmes.
Comment une bibliothèque commande
La plupart des bibliothèques achètent par l'intermédiaire d'un libraire, souvent un libraire local avec lequel elles travaillent depuis des années. Le libraire passe ensuite commande via Dilicom, la plateforme interprofessionnelle qui relie libraires, distributeurs et éditeurs. Chaque livre y est identifié par son ISBN, chaque distributeur par un code dédié.
Concrètement, pour qu'un livre arrive sur les rayonnages, la bibliothécaire a besoin de trois choses : le titre et son ISBN, la certitude qu'il est commandable via Dilicom, et l'accord de son libraire habituel. Ton rôle s'arrête à lui faire découvrir les livres et à lui donner ces références.
Et les marchés publics ?
Une bibliothèque est un acheteur public. Mais pour les livres non scolaires destinés à ses collections, le code de la commande publique (article R2122-9) lui permet d'acheter sans publicité ni mise en concurrence en dessous de 90 000 € HT. Ce seuil, mis en place en 2016, a précisément pour but de permettre aux bibliothèques de travailler avec les librairies de proximité. Au-delà, ou si la collectivité a déjà un marché en cours, les achats passent par le titulaire du marché.
Inutile de devenir spécialiste : retiens simplement que la bibliothécaire connaît ses règles d'achat, et qu'il suffit de lui demander par quel libraire elle passe.
À qui parler ?
- Les acquéreurs : dans une médiathèque, chaque bibliothécaire est souvent responsable d'un fonds (jeunesse, adultes, imaginaire, bandes dessinées). C'est la bonne personne.
- La direction : dans les petites structures, c'est souvent la même personne qui choisit tout.
- Les réseaux intercommunaux et départementaux : ils mutualisent parfois les acquisitions, ou conseillent les petites bibliothèques du territoire.
Le meilleur moment ? Celui où la bibliothèque prépare ses acquisitions, souvent en début d'année budgétaire ou avant une animation (salon, mois thématique, club de lecture).
Ce qui fait la différence
Une bibliothécaire reçoit beaucoup de sollicitations. Ce qui la touche, ce n'est pas un argumentaire commercial, c'est :
- un livre qui correspond à ses lecteurs (« vos ados empruntent beaucoup de fantasy, ce titre devrait leur plaire ») ;
- des informations complètes : résumé, genre, public, ISBN, disponibilité ;
- une perspective d'animation : rencontre d'auteur, lecture, atelier.
La mission « Livres » chez ANT-i
Chez ANT-i, les partenaires peuvent faire découvrir aux bibliothèques, médiathèques et collectivités les romans des Éditions WL-Blue Roses (Bibliothèque Lune-Azur) : fantasy, science-fiction, romantasy. Le catalogue disponible dans l'espace partenaire affiche pour chaque titre le résumé, le prix public, l'ISBN et les références de commande Dilicom, prêtes à transmettre. La commande se fait ensuite comme d'habitude, par le libraire de la bibliothèque.
Pour la prise de contact, inspire-toi du modèle proposé dans Présenter un prospect.
Questions fréquentes
Un apporteur peut-il proposer une remise à une bibliothèque ?
Non. Le prix des livres est fixé par l'éditeur et la loi aparte strictement les rabais accordés aux collectivités. Les conditions sont celles du libraire qui vend, dans la limite légale : l'apporteur ne promet jamais de remise.
La bibliothèque doit-elle lancer un appel d'offres pour acheter quelques romans ?
Non pour des achats courants. Le code de la commande publique permet aux bibliothèques d'acheter des livres non scolaires sans publicité ni mise en concurrence lorsque le besoin est estimé à moins de 90 000 € HT, ce qui leur permet de travailler avec leur libraire de proximité.
Cet article donne des repères généraux et ne remplace pas un conseil personnalisé (expert-comptable, avocat, URSSAF). Pour un partenaire ANT-i, seuls le contrat signé et le barème qu'il désigne font foi.